Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Olivier Mousis. Nos travaux concluent que 67P/Churyumov-Gerasimenko ou son corps parent ne peuvent s’être formés rapidement et avoir conservé les espèces volatiles observées dans la coma de la comète. Nous avançons 2 hypothèses. Soit la comète ou son corps parent ont commencé à se former en même temps que la nébuleuse protosolaire mais se sont agrégés lentement. Soit la croissance de ces objets a été très rapide mais ils ont dû se former entre 2,2 et 7,7 millions d’années après l’apparition de la nébuleuse protosolaire, le temps qu’elle se refroidisse suffisamment.

2/ Quelles observations vous ont conduits à ces conclusions ?

O.M. C’est la première fois qu’une sonde spatiale parvient à se satelliser autour d’une comète et à mesurer d’aussi près la composition des gaz qui en émanent. Les gaz qui s’échappent de la coma de 67P/Churyumov-Gerasimenko comme le monoxyde de carbone, l’azote et l’argon, sont très volatils. Ils n’ont pu être piégés à l’état solide qu’à très basse température, de l’ordre de 20 à 30K (-253,15°C à -243,15°C). Or, Tchouri, comme toutes les comètes observées, n’est pas une boule de neige mais une boule de poussières. Nous savons que les éléments radiogéniques présents comme l’aluminium 26 et le fer 60 produisent de la chaleur en se désintégrant, comme sur la Terre. Si cette désintégration radiogénique avait eu lieu rapidement après la formation de la comète, la glace aurait fondu et les gaz que nous observons aujourd’hui auraient disparu.

3/ En quoi votre méthode d’analyse diffère-t-elle de recherches précédentes ?

O.M. Une comète comme 67P/Churyumov-Gerasimenko est probablement issue de la collision lente entre 2 corps qui se sont formés indépendamment l’un de l’autre. Les lobes primordiaux proviennent soit de la condensation de petits grains de glace soit de débris nés de la destruction de corps parents plus gros. Nous avons simulé l’influence du chauffage radiogénique sur la structure de corps glacés de tailles comprises entre celles des lobes de Tchouri (2,6 km de long) et de la comète Hale-Bopp (70 km). Dans les années 2000, les recherches ne prenaient pas en compte l’influence du chauffage radiogénique sur l’évolution chimique des comètes.

4/ Privilégiez-vous une de vos hypothèses ?

O.M. Non, mais les résultats sont formels. Nous avons 2 hypothèses que seul un retour d’échantillons permettrait de départager. Mais c’est une autre aventure !

Tag(s) : #Découvertes

Partager cet article

Repost 0